Éduquer tôt à la sexualité : un geste primordial

par Alicia Allard et Jeanne Sirard

Aujourd’hui, le défi est de déconstruire les tabous enracinés et d’ouvrir le dialogue dès l’enfance. C’est pourquoi dans le système scolaire québécois, chaque élève au primaire et au secondaire reçoit de 5 à 15 heures de cours d’éducation à la sexualité par année. En amont, des plateformes éducatives comme Olie Éducation tentent d’aider les parents à avoir des conversations adaptées à l’âge des enfants.

Marilou Éthier, créatrice de contenu, animatrice et fondatrice de la plateforme d’éducation sexuelle Olie éducation, s’intéresse aux avantages d’une meilleure éducation à la sexualité dès un jeune âge. Sa plateforme aborde le développement psychosexuel et social des enfants de 2 à 12 ans. Elle est en français seulement, mais Mme Éthier souhaite traduire la plateforme pour retirer les barrières de langage et rendre l’application accessible partout dans le monde. Le manque d’éducation à la sexualité est un problème qui traverse les frontières. « C’est beau de voir que c’est ici qu’il y a des projets pionniers qui revisitent l’éducation à la sexualité, puis j’espère que cela ouvrira la marche ailleurs dans le monde », fait valoir la créatrice de contenu, optimiste à l’idée que cette forme d’éducation deviendra plus populaire et contribuera à plus d’impacts positifs partout dans le monde.

Certains parents pensent que les cours d’éducation à la sexualité peuvent encourager les enfants à avoir des comportements inadéquats, comme avoir des rapports sexuels précoces. Pourtant, les cours sur la sexualité ne portent pas sur les rapports sexuels, mais plutôt sur tout ce qui les entoure. Par exemple, en secondaire deux, les élèves suivent des cours qui abordent les infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) et la grossesse. « C’est l’absence de cours sur la santé sexuelle qui créent le plus d’enjeux parce que les jeunes ne savent pas comment bien se protéger durant les rapports sexuels, ils ne savent pas comment demander le consentement », affirme Misanka Stéphanie Mupesse, travailleuse sociale en prévention de la sécurité sexuelle au Cégep André-Laurendeau.

Aujourd’hui, le défi est de déconstruire les tabous enracinés et d’ouvrir le dialogue dès l’enfance.

Renforcer les mesures en matière d’éducation à la sexualité demeure un défi, notamment en raison de certaines croyances et résistances sociales qui vont à l’encontre du développement psychosexuel des jeunes. Il y a du progrès dans le secteur de l’éducation à la sexualité, mais il reste tout de même du travail à faire. Une éducation sexuelle mieux structurée et plus accessible pourrait jouer un rôle clé dans la prévention de comportements à risque — y compris la réduction des violences sexuelles.

Écouter le reportage radiophonique sur l’éducation à la sexualité pour mieux comprendre son importance :

Texte – Alicia Allard
Photo – Olie Eductaion
Reportage – Alicia Allard et Jeanne Sirard

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