Étudiants étrangers : du rêve à la réalité

par Félix Robinet et Cheikh Ahmed Tidiane Soce

Avant 2024, les étudiants étrangers pouvaient travailler à temps plein, ce qui leur permettait de financer en grande partie leurs études. Selon Marc Miller, ancien ministre fédéral de l’Immigration, « nous faisons le constat que nos programmes attirent de plus en plus de candidats dont l’intention principale est de travailler et non d’étudier ». Le gouvernement affirme que le travail à temps plein pourrait permettre aux étudiants étrangers de transformer un permis d’études en un visa de travail non-officiel, ce qui nuirait a l’équilibre migratoire.

Pour venir au Québec, un étudiant international doit répondre à plusieurs critères dont la capacité de financement, il doit prouver qu’il a les fonds disponibles pour payer l’intégralité de sa scolarité ainsi que tous les autres frais attenants à celle-ci, soit le loyer, la nourriture, le transport. Cela dit, cette étape reste controversée puisqu’il ne s’agit que d’une preuve de capacité de financement. Bien souvent, la famille se porte garante de l’étudiant afin de valider l’obtention de son permis d’études. Mais une fois arrivé au Québec, l’étudiant doit souvent se débrouiller seul.

Dans le cadre de ce reportage, nous avons rencontré plusieurs étudiants étrangers avec des situations bien différentes. Les solutions permettant de financer leurs études qui sont ressorties de ces entrevues sont révélatrices de la complexité du problème.

Nous avons constaté que les jeunes étudiants rencontrés étaient pour la plupart issus de milieu plutôt aisés dans leurs pays d’origine, bien souvent leur scolarité est entièrement financée par la famille. Le travail leur permet de couvrir les dépenses de la vie courante. Ce qui reste difficile pour eux, c’est la combinaison du travail et des études, qui leur donne l’impression de ne pas profiter de leur expérience au pays. Ils évoquent aussi la pression de réussite scolaire, qu’ils s’imposent souvent à eux-mêmes afin de remercier ou de ne pas décevoir ceux qui ont investit en eux, parfois l’équivalent de deux ans de salaire dans leurs pays d’origine.

Bien souvent, la famille se porte garante de l’étudiant afin de valider l’obtention de son permis d’études. Mais une fois arrivé au Québec, l’étudiant doit souvent se débrouiller seul.

Pour les étudiants plus âgés, la situation se complexifie, Yanis un Algérien de 30 ans nous parle du dilemme vécu en arrivant. Avec les nouvelles lois en immigration, rester sur le territoire après les études peut s’avérer compliqué. Il exprime son mécontentement : «  Je ne serais pas venu si on ne nous avait pas promis un travail après les études, dit-il. J’ai déjà un master en Algérie ». Pour Etienne, un étudiant sénégalais, l’âge vient avec des responsabilités. Il devient difficile de demander de l’aide à la famille explique-t-il : « Ta dignité ne te permet pas de demander de l’argent ».

Le rêve occidental ayant contaminé l’Afrique laisse à penser à beaucoup d’Africains que tout est beau et rose en occident. Or, cette fausse idée crée un réel décalage entre les projections et la réalité. Ce rêve ne peut être brisé que par l’expérience du réel.

Écouter le reportage radiophonique pour en apprendre davantage sur la réalité des étudiants étrangers.

Texte – Félix Robinet
Photo – Radio-Canada Info
Reportage – Félix Robinet et Cheikh Ahmed Tidiane Soce

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