L’homophobie est un enjeu mondial qui demeure très présent, y compris dans le monde du sport. En 2020, une étude menée par l’Université Monash, en Australie, a rapporté que 48% des jeunes athlètes canadiens qui s’ouvrent à propos de leur orientation sexuelle à leurs coéquipiers rapportent avoir reçu des propos homophobes. Bien que des solutions se mettent en place pour favoriser l’acceptation des membres de la communauté LGBTQ, ces données mettent de l’avant que les équipes sportives ont encore du chemin à faire pour contrer l’homophobie dans le vestiaire.
par Emma Gervais et Nicolas Galopin
En 2023, la Ligue nationale de hockey (LNH) a publié un communiqué annonçant la fin du port des chandails thématiques durant la période d’échauffement qui a fait beaucoup réagir. Cette décision a été mise en place après que plusieurs joueurs de la ligue aient refusé de porter le chandail de la Fierté durant la soirée thématique du même nom.
Plusieurs membres de la communauté LGBTQ ont critiqué la décision de la LNH de retirer le port des chandails en dénonçant ce choix comme un recul envers l’inclusion de la communauté dans ce sport typiquement perçu comme hétérosexuel et masculin. Joulianne Ponton, une joueuse de hockey lesbienne a expliqué son mécontentement face à cette décision qui est toujours en vigueur dans la ligue : « Il (la LNH) ne laisse pas la liberté de choix aux joueurs. La ligue devrait en faire plus pour démontrer son support à la communauté LGBTQ et aux autres minorités présentes dans le sport. »
Malgré la controverse, les soirées thématiques dans la LNH, comme celle de la Fierté, sont toujours présentes et les joueurs ont l’option de porter du ruban arc-en-ciel sur leur bâton pour afficher leur soutien. En 2023, la ligue a aussi instauré un comité d’inclusion qui a pour but d’accélérer l’acceptation de tous dans le monde du hockey. Les Canadiens de Montréal organisent aussi des conférences avec de jeunes joueurs de hockey de la région sur l’inclusion dans le sport et sur l’homophobie que certains athlètes vivent.
L’inclusion commence dès le niveau récréatif
Les équipes sportives de niveau non professionnel doivent également mettre en place des mesures éducatives et disciplinaires pour favoriser l’inclusion. Servi Kuzwa, entraîneur de flag football, explique l’importance de l’éducation : « Il faut éduquer les athlètes dès un jeune âge pour mieux leur faire comprendre l’acceptation de tous et éviter des situations d’homophobie dans le sport. »
En 2020, une étude menée par l’Université Monash, en Australie, a rapporté que 48% des jeunes athlètes canadiens qui s’ouvrent à propos de leur orientation sexuelle à leurs coéquipiers rapportent avoir reçu des propos homophobes.
En étant une jeune athlète de hockey LGBTQ, Joulianne Ponton a déjà fait face à des situations d’homophobie, mais ses entraîneurs ont toujours été là pour elle. « Mes entraîneurs sont super gentils et pas du tout homophobes, explique-t-elle. Si jamais il y a une situation d’homophobie, ils mettent des conséquences en place immédiatement et n’acceptent aucun commentaire de discrimination. Je suis vraiment heureuse de les avoir.»
Plusieurs autres solutions sont présentes pour lutter contre l’homophobie dans le milieu du sport, mais il faut les connaître et les mettre en place à chaque niveau. Pour découvrir ces initiatives et comprendre comment agir concrètement, écoutez notre reportage radiophonique.
Texte – Emma Gervais
Photo – Photos Pexels et Emma Gervais
Reportage – Emma Gervais et Nicolas Galopin